samedi 7 avril 2007

Le parfum Royal Flush sort de l'oubli

La firme Brocard a été nationnalisée il y a quelques années à Moscou durant la révolution de 1917. Les descendants d'Henry Brocard, Eugénie sa fille et son gendre Georges Ferrand relancent tous les deux l'activité en France à proximité de Paris entre 1920-1930.

Au delà des eaux de toilette aux fleurs, des lotions et savons comme "Mai fleuri", la société lance différentes opérations de marketing dont une sur ces trois parfums phares : "En cachette", "Royal Flush", "le Rêve de Nanouk".

Dans une vente aux enchères je découvre par hasard un flacon de "Royal Flush" en vente au Canada. Il date des années folles. Je ne peux distinguer les premières notes du parfum, le bouchon restant bloqué. Cependant les notes de fond restent concentrées autour du col, glissées sur le fil de coton et de soie qui entoure celui-ci.

Il me manque les connaissances d'un parfumeur pour vous décrire les combinaisons subtiles qui s'épanouissent autour du flacon. Les "nez" n'existent malheureusement plus dans la famille. Georges Ferrand fut sans doute un des derniers après Henri Brocard.
Je me lance tout de même pour vous présenter ces notes échappées il y a des années du flacon.

J'y décèle un parfum oriental, relativement sucrée, avec des notes marquées de vanille et de rose. La composition paraît chaude, délicate et attirante. Elle me ferait presque penser un petit peu au parfum Shalimar de la famille Guerlain. Cette correspondance est étonnante, "Shalimar" inventé en 1925, étant contemporain de "Royal Flush". Mode d'une époque ? Liens entre parfumeurs ?

J'ignore si ce parfum a été composé par Henri Brocard. Dans le catalogue de 1896, il figure bien un parfum portant le nom de "Royal". L'extrait "Royal Flush" serait-il une dénomination plus adaptée au marché Français ? Cette recette a-t-elle été produite après le décès du grand parfumeur ? Beaucoup de questions persistent. Et sont relevées par ces captivantes effluves.

2 commentaires:

Octavian a dit…

Je serais curieux de le sentir. La comparaison avec Shalimar ne serait pas une surprise. Bien qu'il ait ete lance vers 1925 il aurait du etre compose vers 1921. D'ailleurs comme Emeraude de Coty. Il y a une base celebre dont la note rappelle Emeraude et Shalimar - Opoponax. Peu etre ce parfum en contenait.

Bertrand a dit…

Bonjour Octavian,

Merci pour votre commentaire. Intéressant comme toujours. Je ne connais pas l'odeur de l'Opoponax. Mais comme juste les notes de fond sont perceptibles et se sont échappées il y a des années (autour des années 40 sans doute), il ne reste vraiment que quelques traces dont les essences les plus persistantes.

Il faudrait réussir à ouvrir cette bouteille et vous envoyer un languette de papier parfumé.

Cela semble bien difficile... pour l'instant.
A bientôt sur le blog.

Bertrand